Article Le Perche_Sablons -sur-Huisne : Soparco, leader français du pot horticole plastique

13 mai 2019 Article Le Perche_Sablons -sur-Huisne : Soparco, leader français du pot horticole plastique

Philippe Cohu, est à la tête de la Soparco, une entreprise familiale leader dans la production des pots de fleurs en plastique recyclés et également en matière biosourcée.

Publié le 9 Mai 19 à 14:32

Philippe Cohu, directeur de l’entreprise Soparco, avec quelques-unes des productions de pots en plastique. (©Le Perche.)

Sablons-sur-Huisne (Orne). Beaucoup de gens n’imaginent pas que caché dans la campagne percheronne, il y a une entreprise, la Soparco qui est le leader français de la production de pots en plastique pour les horticulteurs et les pépiniéristes.

Depuis 50 ans, Soparco met un point d’honneur à investir et à innover pour accompagner l’évolution de la filière horticole.

Leader sur le marché français et implantée dans toute l’Europe, cette entreprise française apporte des solutions originales et performantes aux horticulteurs et aux pépiniéristes du monde entier.

« 50 % de notre chiffre d’affaires est réalisé à l’export et nous vendons pratiquement sur tous les continents »

précise Philippe Cohu, président de la SAS Soparco.

L’entreprise qui compte 200 salariés a été récemment distinguée. Fin avril, Philippe Cohu a reçu au nom de la Soparco, la médaille départementale mettant à l’honneur des Ornais qui représentent de véritables exemples de citoyenneté.

« C’est avant tout une médaille collective  »

tempère le président de la SAS Soparco.

Le pot en plastique est devenu incontournable aujourd’hui pour les professionnels comme pour les particuliers.

Pas une fleur, pas un arbuste sans son pot.

Innover toujours innover

Soparco consacre 10 % de son chiffre d’affaires aux investissements et à l’innovation. Au final, ce sont entre cinq et dix produits nouveaux qui sortent de l’usine de Sablons-sur-Huisne, chaque année (©Le Perche.)

La force de Soparco aujourd’hui, c’est de réussir à être compétitif en France et à exporter.

« Nous avons face à nous de très grosses entreprises européennes, très automatisées qui ont des coûts de production et des charges beaucoup moins importants que les nôtres »

précise Philippe Cohu.

« Malgré tout, nous nous sommes imposés par notre innovation et nos produits spécifiques et originaux. Nous offrons des réponses concrètes aux attentes de nos clients (adaptation de nos produits à leurs contraintes de production, prise en compte et optimisation des aspects logistiques, niveau de service élevé, accessoire et services liés : impression sur pots, étiquetage, fixation de chromos, etc.) »


La France en retard dans le tri des emballages plastiques

« Nous avons besoin de produire à coûts compétitifs sur les grands « standards » européens. Ils sont différents selon les pays. C’est sur ce point que nous devons être ultra-productif et compétitif pour proposer des prix de vente attractifs »

répète le chef d’entreprise normand.

« Nous sommes présents sur deux marchés, l’horticulture et le jardin d’un côté et la pépinière de l’autre (arbres, arbustes, petits fruits…). Du coup, les formes et tailles des pots sont très variées (plus de 600 moules actifs et près de 2000 articles en stock disponibles). En France, les standards sont des godets et des clayettes. En Allemagne, ce sont des pots ronds conditionnés en plaque de transport… Bref, chaque pays a ses grands standards ! »


Plastique bashing

Mais l’innovation de la société Soparco ne s’arrête pas là.

Soucieux de l’environnement, Soparco utilise 80 % à 85 % de matières plastiques recyclés (ndlr : déchets post industriel ou post consommation issus du tri sélectif des ménages). Mais ces plastiques recyclés proviennent pour l’essentiel d’Allemagne pour le moment.

« Aujourd’hui, nous sommes confrontés au plastique bashing, qui s’avère souvent irrationnel et excessif. Nous sommes actuellement dans une économie qui devient progressivement circulaire où les déchets postconsommation sont réutilisés. Notre entreprise apporte sa contribution. La qualité du tri et de la collecte en France progresse mais reste encore très en retard par rapport à d’autres pays comme l’Allemagne. »

Actuellement, force est de constater que les volumes traités après collecte sont encore insuffisants.

Le gouvernement, Citéo et Eco emballage se sont heureusement fixés des objectifs ambitieux.

À horizon 2022, l’ensemble du territoire national doit être couvert par l’extension des consignes de tri à tous les emballages rigides en plastique (dont les pots de fleur). La France est en retard dans ce domaine.

« Il faut que les grandes entreprises spécialisées comme Paprec, Véolia, Suez investissent d’avantage dans du matériel performant pour trier efficacement les matières plastiques et permettre un recyclage plus qualitatif. Ce n’est pas le cas aujourd’hui ! »

constate le PDG. Même si de gros efforts ont lieu…

« Il faut également sensibiliser le public à cette question. Les petits comme les grands. La qualité du tri commence chez le particulier. Cette question doit être un enjeu national et la sensibilisation au tri sélectif doit commencer dès l’école primaire. De plus en plus d’initiatives de sensibilisation locales ont lieu, il faut les généraliser. »


Quels enjeux pour demain ?

Une prise de conscience émerge depuis peu en Europe. D’ailleurs, l’Union européenne a fixé des objectifs clairs : en 2030, l’ensemble des matières plastiques devront être recyclables, et à horizon 2025, 50 % des matières plastiques devront être recyclées.

La France relèvera-t-elle le défi ? Et surtout rattrapera -t-elle son retard ?

« Si nous n’atteignons pas ces objectifs, le plastique continuera à être attaqué et possiblement des pans entiers de l’économie de la plasturgie pourront être menacés ! »

réaffirme le chef d’entreprise normand qui est très impliqué sur ce dossier.

800 à 900 millions de pots produits par an

Produisant 7 jours sur 7 et 24h/24, l’entreprise Soparco développe une large gamme de contenants plastiques et de solutions marketings pour répondre aux problématiques techniques, logistiques et commerciales des horticulteurs et des pépiniéristes. « Aujourd’hui, nous produisons entre 800 et 900 millions de pots en plastiques par an et nous utilisons 13 000 tonnes de plastique recyclé par an », souligne le PDG de Soparco. « Des études démontrent qu’un plastique recyclé possède une très faible empreinte carbone et un très faible impact sur la biodiversité. Si on développe une économie circulaire, il y aura un impact positif. »

Les multiples vies du plastique

La société percheronne a noué des partenariats comme celui avec la marque 100 % française, Bioseptyl, des brosses à dents de La Brosserie Française. Bioseptyl oriente ses axes de Recherche et Développement vers des solutions toujours plus soucieuses de l’environnement. Les brosses à dents usagées sont collectées à travers la France. Une partie de cette collecte est récupérée par Soparco pour en faire des pots de fleurs. L’objectif est ainsi de montrer que le plastique a plusieurs vies.

Des pots biosourcés d’origines végétales

En parallèle de ce plastique recyclé, la société Soparco et son PDG ont mis en place des alternatives avec des pots biosourcés d’origines végétales qui sont biocompostables et biodégradables. « Nous réfléchissons à cela depuis plus de dix ans déjà ! On vend déjà plusieurs millions de pots de ce type par an dans le monde ! » Mais un problème demeure, celui de sa production qui consomme beaucoup d’énergie (eau, maïs, électricité, etc.). « Le cycle et les moyens de production pour fabriquer la matière demandent beaucoup d’énergie. Son empreinte carbone n’est pas si top que cela ! », constate Philippe Cohu. « Tout le monde parle du produit final mais personne ne s’interroge sur sa production et son impact depuis sa naissance jusqu’à sa fin ! Il ne faut pas être manichéen. Tout n’est pas tout blanc ou tout noir ! Je m’interroge également sur l’empreinte réelle des deux solutions sur la biodiversité. Ajoutez à cela qu’aujourd’hui, je ne sais pas quelles seront les évolutions réglementaires sur ces questions et où il faut que je mette les investissements de mon entreprise pour assurer son futur ? »

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